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mardi 27 octobre 2015

L'importun d'Aude Le Corff



Un couple de Parisiens recherche une maison à acheter en province dans une petite ville portuaire pour y prendre un nouveau départ et élever leurs enfants. Leur choix se porte sur une » maison de pierre encadrée de brique  construite par le grand-père du propriétaire, un vieil homme handicapé que ses deux filles ont placé dans une maison de retraite. «  Les deux sœurs étaient soulagées d'avoir réglé l'affaire aussi vite. Elles vivaient à l'autre bout de la France et avaient hâte de rejoindre leurs familles respectives. Aucune ne paraissait s'inquiéter outre mesure pour leur père qui se trouvait seul dans sa maison médicalisée.

Le couple emménage après quelques travaux et prend peu à peu ses marques dans la maison. La narratrice est écrivain alors qu'elle travaille à son nouveau roman , elle voit un jour débarquer un vieil homme qui rentre chez elle sans la saluer.

Il s'agit de Guy Moustier le précédent propriétaire qui la toise et la somme de sortir de chez lui.Puis sans écouter les justifications de la narratrice expliquant que cette maison était désormais la sienne puisqu'elle en avait fait l'acquisition, l'homme « descendit à la cave vérifier que je n'avais pas jeté ses outils et ses livres, puis repartit sans un mot.

Il savait bien au fond qu'il n'était pas chez lui, mais quémander, courber l'échine,prendre une voix doucereuse pour implorer la pitié, plutôt mourir, il bouillait d’orgueil et de colère contenue. Alors il s'est imposé C'était gonflé quand on y pense, mais, curieusement, ça a marché»

Le vieil homme acariâtre va revenir à intervalles réguliers et s'imposer dans la maison  il semble avoir laissé des souvenirs douloureux et mystérieux. La narratrice est impressionnée par cet étrange personnage mais ne peut se résoudre à lui interdire d'entrer chez elle car elle sent en lui de profondes blessures qu'il cache sous des torrents d'agressivité. Quel est donc son secret et pourquoi des croix gammées sont elles gravées sur le rebord d'une fenêtre ?


Avis : La lecture de ce roman m'a agréablement surprise. En effet les premières pages ne laissaient pas supposer une intrigue aussi intense. Le couple romanesque formé par la narratrice et Guy est très beau et la manière d'amener ce dialogue entre eux est bien menée et prenante. De plus,c'est une façon très originale d'aborder le thème de la deuxième guerre mondiale et de l’héroïsme. Un sans faute pour cet auteur que je découvre avec ce roman ( le deuxième).

L'importun d'Aude Le Corff, Stock mai 2015

jeudi 12 septembre 2013

La fille aux neuf doigts de Laia Fabregas



Titre: La fille aux neuf doigts
Auteur: Laia Fàbregas
Éditeur: Actes Sud, 2010
Premier roman de cet auteur néerlandaise, il se déroule en Espagne. Laia Fabrega est  d'origine catalane.

L'histoire est racontée par Laura , une jeune femme qui revient sur son enfance dans une famille de Catalans militants communistes et autonomistes à époque du franquisme. Dans cette famille aimante, elle et sa sœur Moira sont cependant contraintes de se plier à un dictat parental.
Comme une véritable obsession ceux-ci leur interdise la moindre photo. Sans la moindre justification, les parents leurs enjoignent de composer des photos- pensées c'est-à-dire à mémoriser des lieux ou des moments importants de leurs vies. Arrivée à l'âge adulte Laura, persuadée qu'il existe malgré tout des photos d'elle, recherche des indices. La narration progresse par l'alternance de deux époques: celle de Laura adulte de ses choix et ces questions éclairées par l'auscultation de ses souvenirs d'enfances. Un roman vraiment intéressant sur l’Espagne des années Franquistes que j'ajoute sans hésiter à ma bibliographie sur les romans inspirés de cette période et des traumatismes qu'elle engendra.
L'auteur à publié un autre roman publié en France chez Actes Sud en 2012. 

Présentation éditeur:" Un vieil Espagnol meurt clans un avion en laissant près de lui une simple boîte en bois. A ses côtés dans l'appareil, une Néerlandaise dérobe l'objet et disparaît juste avant l'arrivée des policiers. Revenue au quotidien de son existence. elle reprend, sans chercher à ouvrir la boîte, une enquête, semble-t-il, amorcée depuis de nombreuses années, une minutieuse recherche qui n'est peut-être pas sans rapport avec cet étranger mort auprès d'elle. Car entre cet homme, émigré dans les années soixante, et cette jeune femme. habitée par la vision d'un ange dont elle doit retrouver l'empreinte, s'est construit, le temps d'un voyage entre Barcelone et Amsterdam, l'édifice du hasard. Reste à trouver le moyen d'y entrer. Entre réalisme magique et quête identitaire teintée d'étrangeté, entre mémoire falsifiée et trains de nuit où l'on oublie la vie au profit des souvenirs, le mot "envoûtant" prend dans ce livre une résonance persistante."

jeudi 4 juillet 2013

A propos du film Du vent dans les mollets le film de Carine Tardieu



Parmi les nombreux films vus ces derniers mois, Du vent dans les mollets fait partie de ceux que j'ai envie d'évoquer. Carine Tardieu est écrivain, elle a publié des romans pour la jeunesse chez Actes Sud. Il s'agit ici de son quatrième film dont elle a aussi écrit ici le scénario et les dialogues.
Le film est sorti en août 2012 et il s'agit de l'adaptation d'une bande dessinée et d'un roman de Raphaële Moussafir. Le livre est paru en poche et il raconte d'histoire d'un petite fille et de sa famille.

Présentation éditeur: Rachel a neuf ans, une institutrice humiliante, des parents vaches et une copine garce. A neuf ans, on est puni quand on donne son avis, on découvre des nouvelles sensations étranges, on expérimente son langage et son corps. Cette grande petite fille dissèque son monde avec un regard drôle et acerbe dont la maturité étonne, amuse et choque. De fous rires en conflits, elle explore l'impitoyable monde de l'enfance. Un monde qui mène, parfois trop vite, vers celui des adultes.

Je n'ai pas lu le livre mais ce qu'en a fait Carine Tardieu est superbe d'intelligence, le ton est juste et attachant. Au service de cette histoires quelques acteurs réputés tels qu'Agnès Jaoui, Denis Podalydès, Isabelle Carré,Isabella Rossellini, Judith Magre... et deux enfants  également très convaincantes: Anna Lemarchand et Juliette Gombert.
Dans le film ci-dessous, Carine Tardieu parle de son travail sur le tournage du film. Vous aurez ainsi un parfait aperçu de l'ambiance du film. Excellent! A voir et revoir et une réalisatrice à suivre...



Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo


dimanche 5 mai 2013

Découvrir Marion Peck

Voici un lien vers le site de L'artiste Marion Peck que l'avait  découvert à travers les couvertures de certains romans des éditions Actes Sud. Un univers où les attributs de l'enfance se parent d'une  étrange ambiguïté. Lapin aux yeux exorbités etc..


samedi 23 février 2013

Serge Joncour, L'amour sans le faire


J'ai grand plaisir à vous parler aujourd'hui du nouveau roman de Serge Joncour, L'amour sans le faire publié aux éditions Flammarion en août 2012.
Au cours d'une série de chapitres alternés, une première partie du roman retrace en parallèle le passé de Franck 40 ans et Louise, deux presque inconnus « qui vont pourtant se reconnaître ». Leurs chemins convergent vers la même destination : une ferme dans la région de Cavagnac dans le lot.


Au coeur de cet été  caniculaire, nous assistons à leur rencontre autour du personnage central : Alexandre.
Pour Franck, ce sont des retrouvailles qui adviennent dix ans après la mort mystérieuse de son frère Alexandre au cours d'une partie de chasse et après la brouille consécutive avec ses parents. Il n'a  aucune nouvelle depuis lors.
Pourquoi ce retour vers la ferme de son enfance? A cause de difficultés professionnelles ? Peut-être à cause de sa propre santé qui aujourd’hui chancelle, peut-être à cause de cette voix d'enfant inconnue qui l'accueille lorsqu'il téléphone à la ferme pour les prévenir qu'il va descendre. Supposant un effet secondaire consécutif à la prise de ses médicaments ou à une erreur de numéro, il croit reconnaître la voix de son frère décédé. Son étonnement fait place à la stupeur lorsque l'enfant répond au prénom d'Alexandre.
Louise quant à elle porte le chagrin de son amour perdu. Elle est mère célibataire  vit et travaille en ville à Clermont-Ferrand elle revient à la ferme de ses beaux parents qu'elle à quitté après la mort d' Alexandre son mari adoré.


Elle va y retrouver  son  fils de cinq ans Alexandre. Pour elle cette ferme était un paradis perdu auprès de beaux parents aimants, pour Franck c'est ce milieu qu'il a renié à l'adolescence pour se fabriquer un destin différent de celui pour lequel il était programmé .
C'est l'histoire d'un regain. D'entre les blessures du passé un espoir semble se dessiner. Une fragile intimité va peu à peu éclore dans la vibration solaire de cette nature écrasée de chaleur.  Autour de l'enfant Alexandre tout devient de nouveau possible: le sourire, la douceur, la vie, la tendresse, l'amour. Une réflexion très subtile sur l'identité, la création et la transmission. Franck travaille dans le cinéma. Il porte souvent sa caméra à l'épaule. A son arrivée à la ferme, Franck l'utilise tel  un accessoire pour se mettre à distance d'un possible danger. Peu à peu , elle  change d'épaule et de statut, symbolisant bientôt le lien entre passé et avenir à travers le projet final de Franck.


 Une belle histoire à hauteur d'êtres humains qui, j'en suis absolument persuadée , parlera à tous. Il n'est pas si fréquent de lire un récit si clair, paisible et  juste dans la description des états d’âmes, des tourments et des liens qui se tissent entre les êtres.
Voici une bonne illustration de la phrase de Stendhal  dans Le Rouge et le noir: " un roman c'est un miroir que l'on promène le long d'un chemin".

L'effet de réel est tel que j'ai eu le sentiment de voir les personnages apparaître prés de moi dans la langueur de cet été.
 Pas de grand destin ni d'arrogance. Louise est peut-être lâche, Franck parfois un peu mesquin mais ils  nous ressemblent. Peut être qu'un jour l'amour transcendera-t-il leur histoire? Sans grande déclaration, sans le dire et donc sans le faire , cette histoire ne parle d'ailleurs  que d'amours de toutes sortes.


Un superbe livre de cet auteur que j'avais découvert il y a longtemps avec son roman UV. Même si celui-ci est en rupture de ton avec les précédents qui maniaient avec bonheur l'humour grinçant, on y retrouve cependant toujours le talent de Serge Joncour. Un livre à ne pas rater et à mettre entre toutes les mains! Chose très rare, ce roman me donne envie de le relire car on a pas envie de sortir de cette lumineuse  histoire.


 Extrait :
« A table ils étaient quatre. Franck n'en revenait pas de se retrouver dans cette disposition, de manger dans cette cuisine, de retrouver ces odeurs de ciboulette et d’œufs cuits, la graisse de canard, le bruit des assiettes et le toucher des couverts en argent patiné. Distraitement il renoue avec son ancienne manie de rouler une mie de pain sur la toile cirée pour en faire une bille. Et toujours cet Alexandre face à lui, source inépuisable d'intérêt. »

France Info quelques réflexions intéressantes de l'auteur sur le choix des prénoms de ses personnages.

mercredi 14 novembre 2012

Déloger l'animal de Véronique Ovaldé


Titre:Déloger l'animal
Auteur: Véronique Ovaldé
Éditeur:Actes sud,2005
J'aime bien l'univers de Véronique Ovaldé c'est pourquoi j'étais curieuse de découvrir un de ses romans antérieurs à Ce que je sais de Véra Candida et Des vies d'oiseaux ses deux derniers romans.
Je trouve que les titres portent en eux les ferments d'une histoire. Ici Déloger l'animal est peut-être plus énigmatique. Dés  la fin de la première page, la narratrice une fillette portant une cape de vampire noire doublée rose fuchsia saute dans le vide.
 L'histoire se déroule dans un pays indéterminé, on pense plutôt à une région d'Amérique du nord, en bord de mer dans une station balnéaire sur le déclin. On imagine des barres d'immeubles où vit une population modeste.
Le père de la fillette exerce un métier qui reste flou pendant une grande partie du roman. Si sa fille le désigne tantôt par l'expression  le"Directeur de cirque", tantôt comme "Monsieur Loyal", nous comprenons que son véritable métier est sans doute moins avouable. Quant à la mère, cette femme au foyer  passe son temps entre  le toit de l'immeuble et le balcon où la fillette élève des lapins.
 On retrouve ici le couple mère/ fille qui investi souvent les romans de Véronique Ovaldé. Ici, il y a  une grande tendresse entre elles deux. Elles portent d'ailleurs  le même prénom à la fois tendre et suranné: Rose. On ressent également une fragilité chez ces deux personnages qui portent la trace de meurtrissures: sa mère coiffée d'une perruque blonde pour cacher son crâne brûlé,  la fille  souffrant d'une maladie psychique qui l'oblige à faire de fréquents séjours dans un centre thérapeutique. Tous les matins la fillette observe sa mère lisant le journal avec la plus grande attention et remarque que celle-ci semble guetter une nouvelle. Puis un jour, justement après cette lecture quotidienne elle disparaît sans  un mot d'explication. Sa fille cherche des  indices pour expliquer cette disparition et  retrace peu à peu la vie de sa mère et de sa famille.
 Entre récit et réinvention nous voyons réapparaître les personnages tel que celui de son vrai père supposé Markus . La fillette confrontée à cette disparition va traduire cette absence à sa façon et raconter l’histoire en la magnifiant. La fillette est atteinte d’une étrange maladie jamais nommée,on sait qu'elle fait quelques séjours dans un Centre thérapeutique entre deux  visites à sa  voisine Madame Iris qui lui livrera le secret de l’étrange cirque où travaille Monsieur Loyal son père adoptif. La fillette n'est sure de rien, tout la fait douter et souvent on se demande où elle veut en venir,et vous vous retrouvez dans la peau du petit poucet d'avant les petits caillou, mais a la différence qu'il y a un réel plaisir à se laisser perdre dans cette histoire qui semble parfois sortie d’une rêve   ou d’un cauchemar. Qui est Monsieur Loyal ? Est-il le vrai père de la fillette et que va-t-faire d’elle si sa mère de revient pas. Parfois un suspens s’installe mais on est cependant pas dans un policier. Monsieur Loyal est un tendre qui partage avec sa fille le goût du sucre







lundi 15 octobre 2012

MOONRISE KINGDOM DE WES ANDERSON

Comme toujours j'ai adoré le film de ce réalisateur atypique.Avec Bill Muray et Bruce Willis à contre emloi. Un film plein d'humour et de poésie.
 Le résumé: "Sur une île au large de la Nouvelle-Angleterre, au cœur de l’été 1965, Suzy et Sam, douze ans, tombent amoureux, concluent un pacte secret et s’enfuient ensemble. Alors que chacun se mobilise pour les retrouver, une violente tempête s’approche des côtes et va bouleverser davantage encore la vie de la communauté."
L'une des caractéristiques de ce réalisateur c'est que ses films ont une beauté plastique tellement forte qu'on a envie de se baigner dans ses images et de les visionner en boucle.

lundi 27 février 2012

Les trois lumières Claire Keegan


Titre: Les trois lumières
Auteur: Claire Keegan
Éditeur: Sabine Wespieser, 2011
L'histoire: Nous sommes en Irlande dans les années 1970 et c'est été dans le Wexford.Un père dépose sa fille à la ferme des Kinsella. Cette famille  pauvre  place une de leurs filles chez ces fermiers aisés, sa mère lui a recommandé  de rester là aussi longtemps que son hôtesse le souhaitera! Elle les aidera dans les taches courantes. Même si les deux familles sont apparentées, la fillette est intimidée: première  rencontre avec ce couple, première confrontation avec le monde extérieur. Sa mère économisait l'eau goutte après  goutte, ici on prend des bains  l'on s'embrasse, on prend le temps de vivre, on se dit l'amour. Ici il n'y a pas de secret. Madame Kinsella  explique «  Là où il y a des secrets... il y a de la honte, et nous n'avons pas besoin de honte" peu à peu la tendresse et la bienveillance font merveilles, elle s'ouvre au monde. Le temps n'est pas seulement utile à être rentable grâce à l’attention qu’on l’autorise désormais à porter sur le monde  sa vie devient plus riche, plus belle, plus heureuse. Cependant aux détours de quelques mots échangés, elle comprend qu' Edna et John portent un secret.

Ce que je retiens de cette histoire c'est qu'elle nous laisse entrevoir, deviner. L'essentiel n'est peut-être pas dans ce qui se montre ni dans les paroles mais dans ce que l'on pressent à travers l'aveuglante bonté de cette famille. Le rayonnement du récit, la sensualité des ballades champêtres, la vibration de l'air et la beauté de cette vie simple et harmonieuse  fomentent leurs poids de questions. Là  nous tournons nos regards vers la lumière mais il y a cette autre histoire qui parlerait  des sentiments ambigus qui agissent les adultes et des questions d'une enfant sans prénom énoncé. Un très bon roman lumineusement sombre. 

dimanche 26 février 2012

Le petit roi de Mathieu Belezi


Titre: Le petit roi
Auteur: Mathieu Belezi
Présentation éditeur: Mathieu, douze ans, vaguement délaissé par les siens, se trouve confié aux soins d'un grand-père peu causant qui habite seul une ferme dans un coin désolé de Haute-Provence. L’enfant va faire alors l’apprentissage de la solitude, du silence, de la cruauté et des émois de la chair. Ce roman a obtenu le prix Marguerite-Audoux 2000.

Ce que je retiens: Ce livre est magnifique et dit parfaitement comment le manque d'amour  transforme un homme en boule de violence et de tristesse et comment le non-dit devient une arme que parfois les bourreaux retournent contre eux même.
"Je n'aimerai plus. Je le jure… Que la neige tombe et m'ensevelisse, qu'elle m'épargne le monde où rien n'est là pour que je vive heureux."Un roman terrible et terriblement juste sur une enfance de tristesses et de larmes.Merci aux personnes qui m'ont fait découvrir ce livre que j'avais manqué lors de sa parution. Pour avoir rencontré l'auteur depuis, celui-ci affirme de ce roman n'est en rien autobiographique ce qui souligne de nouveau  le pouvoir de certains auteurs  à rendre compte de notre réalité à travers la fiction. J'ai éprouvé le besoin de lire à haute voix certains passages et je n'ai donc pas été surprise d'entendre l'auteur expliquer qu'il s'attache à  rechercher une musicalité dans son écriture.  Un livre tous publics que je conseille chaleureusement.

jeudi 9 février 2012

Paradis inhabité d'Ana Maria Matute


Titre : Paradis inhabité
Auteur : Ana Maria Matute
Éditeur : Phébus, janvier 2011
Collection : domaine étranger


Présentation éditeur abrégée : Nous sommes à Madrid, dans les années vingt. Adriana a six ans et vit dans une famille bourgeoise. Sensible et rêveuse, elle observe le monde des adultes, ces « Géants », et lui oppose avec opiniâtreté une licorne échappée de la trame d’un tapis, blanche, énigmatique et symbole de l’enfance qui s’enfuit. Afin de lutter contre l’angoisse qui la saisit à voir ses parents se déchirer, elle renforce ses liens avec sa tante Eduarda, féminine, indépendante et amoureuse de Michelmonamour. Et voici Adriana maintenant adolescente qui noue une amitié incandescente, sinon une passion, avec un de ses voisins, Gravila…


Avis : Quel beau roman sur l’enfance. Cette écriture recèle un sortilège. L’histoire est vue dernière le tamis de petites touches, on peut croire un instant que là tout est immobile, immuable et qu’il ne se passe presque rien… et puis et vous ne savez ni comment ni pourquoi, vous replongez, dans cet univers parallèle, celui que vous pensiez inaccessible désormais. Comme j’aimerais retourner là-bas, comme je vous souhaite de trouver vous aussi la porte vers cet univers enchanté !

Présentation de l’auteur extraite du site Wikipédia : « Ana María Matute, née à Barcelone, le 26 juillet 1925, est un écrivain espagnol.
Elle est la deuxième de cinq enfants d’une famille de la petite bourgeoisie catalane, conservatrice et religieuse. Une des voix les plus personnelles et isolées de la littérature espagnole, elle est née à Barcelone, où elle passe une enfance marquée par la Guerre civile espagnole… »


lundi 4 juillet 2011

Hyacinthe et Rose de François Morel et Martin Jarrie

Titre: Hyacinthe et Rose
Auteurs: textes de François Morel et peintures de Martin Jarrie
Editeur: Thierry Magnier
Sur Martin Jarrie de son vrai nom Jean-Pierre Moreau le site ricochets-jeunes nous précise de ce magnifique illustrateur qu'il a choisi le nom Martin Jarrie parce qu'il le relie à son enfance. Je  suis une grande fan de cet illustrateur!
Thème: Voici l'histoire de Hyacinthe et de Rose,couple que tout sépare  racontée par l'un de leur petit-fils. Ce petit parisien vient reprendre des forces chez eux l'été et raconte leur vie au rythme des fleurs qui éclosent et accompagnent  leurs vies."Hyacinthe était coco,Rose était catho.Hyacinthe aimait boire,Rose aimait manger.Hyacinthe aimait la bicyclette,la pêche à la ligne,le vin rouge,la belote et les chants révolutionnaires.Rose préférait les mots croisées,le tricot,l'eau de mélisse,les dominos et les cantiques."

Avis:Chronique tendre des souvenirs d'une enfance insouciante  au jardin de ces grands-parents toujours en  bisbille.Entre les pages magnifiquement illustrées de fleurs peintes,nous plongeons au cœur d'une enfance toute simple prés de ces deux là qui ne peuvent s'aimer qu'en s'enguirlandant sur tout.Le petit fils grandit d'été en été  et apprends l'essentiel auprès d'eux qui s'accordant au moins sur l'amour des fleurs et le bonheur de vivre. Habitués que nous sommes à classer un livre au format album à destination unique d'un public enfant, nous nous priverions ici d'un grand bonheur. Je prend pour ma part la lecture d'album dit enfant pour très profitable et toute indiquée pour tout public. Ce livre- ci à plus forte raison. On connait le talent de François Morel pour l'écriture à travers ses chroniques radiophoniques. J'avais beaucoup aimé les Habits du dimanche  , récit  
qui  fleurant déjà bon les souvenirs familiaux.Avec Hyacinthe et Rose,le talent de l'écrivain me touche d'autant plus que la contemplation des  illustrations saisit le lecteur d'une sorte d'enchantement.Ces fleurs des jardins d'autrefois nous rapprochent de notre propre enfance pour qui a connu ces grand parents toujours affairés au jardin entre deux  pluies d'été.  Et je voyage au cœur de mes propres souvenirs. Les désespoirs du peintre, les fritillaires,les tulipes...et je me perds  en "poésienostalgie".

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