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jeudi 12 septembre 2013

La fille aux neuf doigts de Laia Fabregas



Titre: La fille aux neuf doigts
Auteur: Laia Fàbregas
Éditeur: Actes Sud, 2010
Premier roman de cet auteur néerlandaise, il se déroule en Espagne. Laia Fabrega est  d'origine catalane.

L'histoire est racontée par Laura , une jeune femme qui revient sur son enfance dans une famille de Catalans militants communistes et autonomistes à époque du franquisme. Dans cette famille aimante, elle et sa sœur Moira sont cependant contraintes de se plier à un dictat parental.
Comme une véritable obsession ceux-ci leur interdise la moindre photo. Sans la moindre justification, les parents leurs enjoignent de composer des photos- pensées c'est-à-dire à mémoriser des lieux ou des moments importants de leurs vies. Arrivée à l'âge adulte Laura, persuadée qu'il existe malgré tout des photos d'elle, recherche des indices. La narration progresse par l'alternance de deux époques: celle de Laura adulte de ses choix et ces questions éclairées par l'auscultation de ses souvenirs d'enfances. Un roman vraiment intéressant sur l’Espagne des années Franquistes que j'ajoute sans hésiter à ma bibliographie sur les romans inspirés de cette période et des traumatismes qu'elle engendra.
L'auteur à publié un autre roman publié en France chez Actes Sud en 2012. 

Présentation éditeur:" Un vieil Espagnol meurt clans un avion en laissant près de lui une simple boîte en bois. A ses côtés dans l'appareil, une Néerlandaise dérobe l'objet et disparaît juste avant l'arrivée des policiers. Revenue au quotidien de son existence. elle reprend, sans chercher à ouvrir la boîte, une enquête, semble-t-il, amorcée depuis de nombreuses années, une minutieuse recherche qui n'est peut-être pas sans rapport avec cet étranger mort auprès d'elle. Car entre cet homme, émigré dans les années soixante, et cette jeune femme. habitée par la vision d'un ange dont elle doit retrouver l'empreinte, s'est construit, le temps d'un voyage entre Barcelone et Amsterdam, l'édifice du hasard. Reste à trouver le moyen d'y entrer. Entre réalisme magique et quête identitaire teintée d'étrangeté, entre mémoire falsifiée et trains de nuit où l'on oublie la vie au profit des souvenirs, le mot "envoûtant" prend dans ce livre une résonance persistante."

jeudi 22 août 2013

Des larmes sous la pluie de Rosa Montero


Des larmes sous la pluie de Rosa Montero , traduit de l'espagnol par Myriam Chirousse aux éditions Métailié, janvier 2013

Site éditeur :« Rosa Montero est née à Madrid et a étudié la psychologie et le journalisme. Elle travaille depuis 1976 au journal El Pais, dont elle a dirigé le supplément hebdomadaire avant d'y tenir une chronique. Elle a remporté différents prix littéraires et publié de nombreux romans, des essais et des biographies.
 Elle est très connue et respectée en Espagne. Ses livres, en particulier La Folle du logis, sont des best-sellers. » Site des éditions Métailié: http://www.editions-metailie.com/fiche_livre.php?id_livre=1099

L'histoire:
Nous sommes en 2019 aux États Unis de la terre et plus précisément à Barcelone où vit l’héroïne de cette histoire, la belle Bruna Husky. Dans cet avenir, le monde est habité par des humaines, des extra-terrestres et des techno-humains de plusieurs catégories selon les usages auxquels ils ont été destinés par les humains. Bruna appartient à la catégorie des réplicants ( on dit rep. , les résignant ainsi à l'abrégé) de combat. Même si elle jouit de capacités exceptionnelles, elle se déplace et réagit par exemple bien plus vite que ne le ferait un humain, elle garde une fêlure car la mémoire que son « mémoriste » lui a implantée est particulière . En effet, pour compléter l'équilibre « psychologique » de ces robots, semblables en bien des points aux humains, on leurs invente un passé fictif inspiré de souvenirs réels d'humains. Cependant, la quête de Bruna ne cessera d'être hantée par la fuite du temps d'autant plus impérieuse pour les réplicants dont la vie ne peut aller au delà de quelques années puisqu’au bout de cinq ans ils sont atteints d'une sorte de cancer dont aucun ne réchappe. Cette marginale redoutable au cœur tendre va enquêter sur la vague de meurtres commis par des réplicants quisemblant tout à coup pris de folie se mettent à agresser leur voisinage avant de se donner la mort. Le passionnant dans ce livre de science -fiction c'est qu' au travers d'une trame vraisemblable, il transpose les thèmes universels qui questionnent l'humanité : la vie, la mort, la fuite du temps, l’amitié, l'amour. Ajoutons à cela une touche d'humour , une pincée d’ésotérisme et de sensualité ainsi qu'une intrigue bien ficelée mettant en jeu les arcanes de pouvoirs extrémistes qui tentent de manipuler l'opinion en installant un climat de peur entre les communautés. Bruna devra découvrir qui réécrit les « Archives centrales de la terre » et qui donc a xxx intérêt à pervertir ainsi la mémoire de l'humanité ? Le descriptif de l'éditeur annonce un univers à la Blade Runner* et le titre du livre « Des larmes sous la pluie » fait d'ailleurs directement référence à l'une des scènes du film. Le livre recèle à mon avis une touche de tendresse en plus. Je vous laisse découvrir par vous même la galerie de portraits inventés par l'auteur : robots ours, extra-terrestres aussi appelés bestioles, Maio translucide à tête de chien par exemple... et l'un de mes personnages préfèré du livre : le boubi.... Un vrai bonheur pour voyager dans l'espace et dans le temps. Je lis peu de science-fiction mais j'ai trouvé ce livre très accessible pour un public non coutumier de ce genre littéraire.

* Le film Blade Runner réalisé par Ridley Scott est sorti en 1982. Il est inspiré du roman intitulé Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? Écrit par Philip K. Dick

Extrait :
« -Des mites. Pauvres gens, dit Yiannis à côté d'elle.
Bruna acquiesça de la tête. Presque toutes les mites avaient de jeunes enfants : si elles prenaient le risque de vivre clandestinement dans les zones d'air propre qu'elles ne pouvaient pas se payer, c'était à cause de la peur des maux indéniables que la pollution causait chez les enfants. Comme les mites, elles abandonnaient illégalement leurs villes pestilentielles au ciel toujours gris et venaient attirées par la lumière du soleil et par l'oxygène, l'immense majorité pour s'y brûler, car la police fiscale était d'une efficacité redoutable...Le fanatisme et le spécisme se nourrissaient de cette strate de dépossédés et de désespérés.
-A la première détention, déportation et amende. S'ils récidivent, jusqu'à six ans de prison, dit Yiannis.
-C'est répugnant. Ça fait honte d'appartenir à la Terre, grogna Bruna...
La fatigue face à l'insécurité politique et sociale est ce qui a conduit Rome à perdre ses droits et ses libertés. La peur provoque une faim d'autoritarisme chez les gens. C'est un très mauvais conseiller, la peur... »





Comme des larmes dans la pluie..., extrait de Blade Runner

jeudi 1 août 2013

En attendant Robert Capa de Susana Fortes



Auteur: Susana Fortes née en 1959 en Espagne est l'auteur de 8 romans. Elle a obtenu de nombreuses récompenses littéraires pour ce livre qui est traduit en 12 langues. Une adaptation cinématographique est en cours de réalisation.

Editions: Héloïse d'Ormesson,

 Présentation éditeur
En 1935, la belle Gerta Pohorylle, Juive allemande, fuit son pays pour la capitale française. Gravitant dans des cercles intellectuels de gauche, elle y rencontre le tout jeune André Friedmann, Hongrois antifasciste vantard et séduisant. Elle l'appelle d'ailleurs Le Gitan par référence à sa beauté un peu sauvage. Photographe passionné, il l’initie à son art.(entre autre) Tous deux s’inventent bientôt des identités américaines et deviennent Robert Capa et Gerda Taro. Habités par le goût du risque, investis par le devoir d’informer, ils se rendent au front en Espagne, gravant sur la pellicule les atrocités de la guerre civile.
En attendant Robert Capa est un mélodrame historique où l'on croise la plupart des grands noms de l'époque depuis les écrivains les artistes les journalistes et les politiques.
C'est une fresque flamboyante et rococo.(Il y en a pour tous les goûts. Gerda Taro et Robert Capa ont bâti leur propre légende, jusqu’à donner leur vie pour défendre leurs idéaux. Une belle histoire d'amour d'après une histoire vraie. Robert Capa est notamment le co-fondateur de l'agence Magnum (Henri Cartier Bresson) qui regroupe les plus grands photographes du monde.




Mon avis : C’est un livre résolument romanesque qui se lit facilement. Les recettes du succès sont là: un peu d’Histoire, un peu d’amour, un peu de sexe le tout assaisonné de rencontres avec des célébrités. Et pourtant je n'ai pas vraiment réussi à m'intéresser à l'histoire car je n'ai pas cru aux personnages     des reporteurs de guerre dont l'histoire est pourtant inspirée de personnages réels!  Le livre m'a cependant permis de découvrir le destin exceptionnel  de  Robert Capa!

jeudi 31 janvier 2013

Rêves oubliés de Léonor de Récondo


C'est avec plaisir que j'ouvre ce premier article 2013 avec un des romans de la nouvelle  sélection du Prix Cézam 2013.
 Si j'en juge bien, les sept titres déjà lus me font penser qu'il s'agit là d'un  bon cru, bravo aux sélectionneurs!
Je commence avec Rêves oubliés de Léonor de Récondo, publié aux éditions Sabine Wespieser en janvier 2012. 


L'auteur a déjà publié un précédent roman en 2010 aux éditions Le temps qu'il fait, La grâce du cyprès blanc. Cet auteur est aussi une violoniste virtuose ( elle joue depuis ses cinq ans) ainsi qu'une référence pour la musique baroque.
Son nouveau roman s'ouvre avec un Haïku du poète Japonais Sôseki que je prends plaisir à citer ici.





De cette terre qui sait
Un éclair jaillira
Dans le soir naissant


L'histoire se déroule entre 1936 et 1949. Il s'agit d'une famille basque espagnole qui doit quitter l’Espagne au début de la guerre civile car leurs convictions politiques aux côté des républicains les mettent tous en danger. Les parents, Aïta et Ama et leurs enfants : Zantzu , Otzan et Iduri, les grands parents ainsi que les oncles fuient précipitamment car on les prévient que des hommes sont en route pour les fusiller.

Ils passent donc en France sans rien emporter pour ne pas être suspectés par les policiers de la frontière à qui ils expliquent qu'ils vont faire un pique-nique à l'occasion de l'anniversaire de l'un des enfants.
Le père qui travaille à Aranjuez dans le centre de l'Espagne comme patron d'une fabrique de céramique rejoindra la famille un peu plus tard. Celle-ci a trouvé refuge de l'autre côté de la Bidassoa à Hendaye.

Au-delà de la grande histoire qui forme la toile de fond du roman, la narration s'attache surtout à décrire le quotidien d'une famille confrontée à l’exil et à son errance. Ces bourgeois qui se trouvent soudain démunis vont devoir bientôt renoncer à leurs rêves et en priorité à celui de retourner dans leur pays et s’adapter à une nouvelle terre, une nouvelle langue et survivre dans un pays en guerre.

Nous suivons la narration à travers le point de vue de chaque personnage ainsi que grâce au journal que tient épisodiquement Ama. Chacun a sa stratégie pour faire face aux difficultés, l’essentiel étant de rester unis quoi qu'il arrive. La phrase suivante qui est prononcée à plusieurs reprises par Aïta puis par Ama comme un leitmotiv : « l'essentiel c'est d'être ensemble » est à cet égard très représentative de l'esprit du roman.

Ce  deuxième roman, l'auteur explique qu'elle le portait depuis longtemps. Elle s'inspire là de l’histoire de sa famille du côté de son père,celle-ci ayant quitté l'Espagne en 1936. Comme la plupart des espagnols dans ce cas , ils ne purent y retourner que dans les années 70 après la mort du dictateur Franco.

Un beau roman à l'écriture très harmonieuse et rythmée et une superbe histoire d'amour. Cette famille pourrait presque vivre en d'autres temps, en d'autres lieux tant elle est décrite dans ce cocon d'amour familial qui pourtant ne les sauvent de rien.

Le ton reste pudique et sans doute qu'ici jamais tout ne peut vraiment être dit, chacun restant avec ses blessures indicibles. L'auteure se limite peut-être au quotidien  familial car souvent après de terribles épreuves les membres de telles familles se taisent, nous le savons bien.

Sur le séjour au camp d'internement de Gurs des oncles (un des plus durs pourtant) on ne saura pas grand chose, ni sur la déportation de Hanna infirmière dans ce même camp et dont Sébastien, l'un des oncles est tombé amoureux. Parler de leur comportement après  le coup d'état de Franco contre la 2° République,  la guerre civile perdue n'est donc pas le propos essentiel de l'auteure, respectons le donc et supposons que cette même période historique puisse susciter d'autres récits pleins de fureurs...


La sélection 2013


Luigi Carletti                  Prison avec piscine         Liana Levi


Cécile Coulon               Le roi n'a pas sommeil    Viviane Hamy

Christel Diehl                 Enola game                     Dialogues

J-M Erre                        Le mystère Sherlock       Buchet-Chastel


Jérémie Guez                 Balancé dans les cordes  La Tengo

Yassaman Montazami    Le meilleur des jours       Sabine Wespieser

Quelques liens :articles de presse, émissions...



D'autres livres sur la même période

 Romans:

Le héron de Guernica d'Antoine Choplin  Rouergue

La fille aux neuf doigts de Laia Fabregas Actes Sud

Vingt ans et un jour de Jorge Semprun Gallimard

Documentaire:

Exil, témoignages sur la guerre d'Espagne, les camps et la résistance au franquisme de Progreso Marin, éditions Loubatières

Album jeunesse:

Les poings sur les îles d'Elise Fontenaille et Violeta Lopiz  Rouergue

Des vidéos

mardi 25 septembre 2012

Les poings sur les îles d'Elise Fontenaille et Violeta Lopiz


Titre: Les poings sur les îles
Auteur: Elise Fontenaille, Violeta Lopiz
Éditeur: Rouergue, septembre 2011
Genre: album
L'histoire
C'est l'année de ses six ans et ce petit garçon qui apprend à lire et à écrire va raconter l'histoire de son grand père Luis chez qui il passe souvent le mercredi et le dimanche.
 Luis vit seul avec son chat Diabola. et possédé un magnifique jardin qui fait sa fierté.  Tout le récit se déroule d'ailleurs dans le jardin qui inonde littéralement le texte et les personnages, le visage du grand père prenant  la forme d'un végétal à la manière des tableaux d'Archimboldo.
Luis entretien son jardin avec amour. "Ses haricots montent jusqu'au ciel, ses artichauts sont gros comme des têtes, ses poireaux ressemblent à des soldats en rang … tous les jardiniers sont jaloux de Luis et de son jardin "Pas étonnant qu'il soit si beau car Luis considère la terre comme sa mère et sait parler aux oiseaux dont il connaît la langue.
Mais s'il peut apprendre à son petit fils leurs noms qu'il connaît par cœur, Luis ne sait cependant ni lire ni écrire car obligé de quitter l'Espagne son pays seul lorsqu'il avait 11 ans à cause de la guerre, il n'a jamais pu apprendre à lire.

Avis
Un beau couple petit fils et grand père et un magnifique album sur l'apprentissage de la lecture et de l'écriture ainsi qu'une réflexion sur la culture dans tous les sens du terme.   

dimanche 6 mai 2012

Au bonheur du capybara... ça s'en va et ça revients ?


  La semaine dernière, je recevais par mail l' affiche représentée ci-dessous à propos de laquelle certains répondirent qu'il s'agissait d'un montage, ce qui est peut-être vrai!
    Autre réaction, celle de ce monsieur à qui l' affiche inspira cette réflexion que je vous livre ici tel quel .
Il n'y est pas question de livre ni de départager le vrai du faux ou de donner des leçons, mais de mots et de l'effet qu'ils peuvent parfois produire sur une vie ce qui, on le comprendre fait lien et sens avec la littérature.


ça s'en va et ça revient ?
  "Je crains ayant vécu l'époque de l'affiche que des tendances actuelles qui paraissent de bon sens , à certains, ne risquent créer plus ou moins les mêmes effets pernicieux qu'à cette triste époque.
A la date de l'affiche 1/05/1941 je vais avoir 10 ans. Je suis en France depuis le 9/09/39 à la fin de la guerre civile . Entré par Cerbère et dirigé vers Montignac surVézère avec ma sœur aînée et un frère.
 Ma mère et deux sœurs seront dirigées vers Belle-Ile-en-Mer, le père et les deux frères aînés internés dans le camp de concentration de Argelès-sur -Mer. Par la suite fin 1940 la famille sera réunie à Egletons la mère et les enfants sous le statut des réfugiés apatrides de la Convention de Genève. Le père et les aînés en camp de travail puis rapidement réquisitionnés par l'organisation Tod à la base sous-marine de Bordeaux.
A Montignac rapidement nous fûmes recueillis mon frère et moi par un sabotier et sa femme dans leur belle maison de pierre. Ma sœur fut recueillie par la pharmacienne. Ces français généreux qui m'apparurent, alors, ordinaires ne l'étaient pas.
En effet sous Pétain le discret sabotier ne resta probablement pas les bras ballants, car après la guerre il revint de Dachau détruit et décéda rapidement.
Quant à la pharmacienne elle fut retrouvée par ma sœur vers 1943 dans la même cellule à Limoges. les Allemands ayant demandé des otages, à la suite d'une action des FFI près d'Egletons, je vis ma sœur, écolière paisible, amenée par les allemands casqués en armes. Sous Pétain tout était fiché: cette pharmacienne était communiste. Les services de sécurité avaient fait le rapprochement entre une communiste et une enfant de 11 ans qu'elle recueillit 4 ans avant.
Pétain fut nommé en 1939 ( tient? chez Franco) Ambassadeur à Madrid par la III° République Française présidée par Albert Lebrun qui démissionnera à l'Armistice.
Pétain obtint les pleins pouvoirs de chef de l’État en juillet 1940. On ne perdit pas de temps pour demander à l'école sa collaboration. On fit dessiner aux jeunes élèves l'image d'un lieu de sa région pour l'adresser au Maréchal. Ma condition inclinait à obéissance. Maladroitement je dessinais un château derrière une énorme grille. Pour cela je reçus un bâton de maréchal en celluloïd avec les félicitations adéquates. Un jour le Maréchal passa à la gare d'Egletons, les écoles groupèrent les écoliers avec le petit drapeau tricolore sur le quai. J'agitai comme les autres le drapeau devant le Maréchal impavide derrière la glace blafarde du wagon.
L'enfant que j'étais qui entendit dire que les républicains espagnols pourraient être rapatriés chez Franco, mais que ceux qui n'avaient pas de sang sur les mains ne risquaient rien. L'enfant a eu peur et interrogea ses parents qui rassurèrent comme toujours mais eux savaient qu'être socialistes engagés suffisait à Franco pour une équivalence à sang sur les mains.
Pour conclure à notre époque quant j'entends que telle famille étrangère avec enfants doit être expulsée je pense à la déstabilisation des enfants. Mon vécu m'interdit la xénophobie."







jeudi 9 février 2012

Paradis inhabité d'Ana Maria Matute


Titre : Paradis inhabité
Auteur : Ana Maria Matute
Éditeur : Phébus, janvier 2011
Collection : domaine étranger


Présentation éditeur abrégée : Nous sommes à Madrid, dans les années vingt. Adriana a six ans et vit dans une famille bourgeoise. Sensible et rêveuse, elle observe le monde des adultes, ces « Géants », et lui oppose avec opiniâtreté une licorne échappée de la trame d’un tapis, blanche, énigmatique et symbole de l’enfance qui s’enfuit. Afin de lutter contre l’angoisse qui la saisit à voir ses parents se déchirer, elle renforce ses liens avec sa tante Eduarda, féminine, indépendante et amoureuse de Michelmonamour. Et voici Adriana maintenant adolescente qui noue une amitié incandescente, sinon une passion, avec un de ses voisins, Gravila…


Avis : Quel beau roman sur l’enfance. Cette écriture recèle un sortilège. L’histoire est vue dernière le tamis de petites touches, on peut croire un instant que là tout est immobile, immuable et qu’il ne se passe presque rien… et puis et vous ne savez ni comment ni pourquoi, vous replongez, dans cet univers parallèle, celui que vous pensiez inaccessible désormais. Comme j’aimerais retourner là-bas, comme je vous souhaite de trouver vous aussi la porte vers cet univers enchanté !

Présentation de l’auteur extraite du site Wikipédia : « Ana María Matute, née à Barcelone, le 26 juillet 1925, est un écrivain espagnol.
Elle est la deuxième de cinq enfants d’une famille de la petite bourgeoisie catalane, conservatrice et religieuse. Une des voix les plus personnelles et isolées de la littérature espagnole, elle est née à Barcelone, où elle passe une enfance marquée par la Guerre civile espagnole… »


vendredi 2 décembre 2011

Diego El Cigala



Diego El Cigala chanteur andalou a obtenu  deux Grammy Award dont un en 2006 pour son album Picasso en mis ojos.Il est internationalement reconnu. Sa musique est un mélange de tango, musique cubaine jazz et de flamenco et c'est très beau!Pas mal pour quelqu'un qui , dit-on a débuté dans la rue!
Pour écouter sur Deezer c'est ici

jeudi 10 novembre 2011

Le héron de Guernica d'Antoine Choplin

Ce roman se déroule en Espagne à Guernica, puis à Paris en 1937.C'est l'histoire de Basilio, peintre autodidacte dont la passion est de peindre toujours sur le même sujet, le héron. Il va traverser les événements tragiques de Guernica puis se rendre à Paris où est exposé pour la première fois Guernica, la peinture que Picasso décida de peindre  pour témoigner de l'horreur de la guerre.
Avis: Je veux simplement effleurer le sujet du livre pour vous permettre de goûter pleinement cette écriture toute de retenue. Cet auteur dont j'avais lu Le radeau, évoque de nouveau les thèmes de l'art et de la guerre. J'aime beaucoup les interrogations que suscite ce roman et la façon qu'il a de nous laisser percevoir la complexité des choses.J'aime qu'il laisse au lecture construire ses réponses.En mettant en parallèle l'absurdité  de la guerre, la fragilité de la vie et le rôle essentiel de l'artiste pour rendre compte et témoigner, Choplin réussit un roman où respire une pensée sereine, nous laissant cheminer à petits pas entre les silences. Je trouve splendide ce héron que j'imagine,tel un symbole en forme de point d'exclamation , témoignage de l'étonnement perpétuel de l'artiste devant la palpitation de la  vie  .Un petit roman de 158 pages, mais un grand sujet qui choisi un point de vue original pour parler de l'artiste et de son rapport au monde.Et pour finir, j'apprécie la beauté de la couverture qui reproduit le détail d'une peinture jaune avec une coulée rouge.Qui a eu cette bonne idée?

Titre: Le héron de Guernica
Auteur: Antoine Choplin
Éditeur:Rouergue , 2011

Sur l'auteur: Antoine Choplin est depuis 1996 l’organisateur du festival de l’Arpenteur, en Isère, événement consacré au spectacle vivant et à la littérature.
Il vit près de Grenoble, où il concilie son travail d’auteur, ses activités culturelles et sa passion pour la marche en montagne.
Le texte qui suit est extrait du site Babelio (http://www.babelio.com/auteur/Antoine-Choplin/30311)
Dans le cadre de notre opération Mots pour Mots, ce sont les lecteurs Agathe10000 et Cleomine et Bibalice qui ont réalisé l`interview d`Antoine Choplin pour «Le héron de Guernica».Lire la suite

Et voici une video de l'INA de 1981 qui présente un petit reportage  sur  la première fois où le tableau a été exposé  en Espagne.




                        

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