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samedi 25 juin 2011

Lionel Salaün lauréat du Prix du Télégramme 2011

Je suis heureuse  que Le Prix des lecteurs du Télégramme revienne à Lionel Salaün pour le retour de Jim Lamar, un livre que j'avais beaucoup aimé et qui fait également partie de la sélection du Prix Cezam.Je vous renvoie à l'article que j'avais déja écrit à ce sujet à l'issue de la rencontre avec l'auteur qui se déroulait à la librairie Dialogue Lien ici.
Je dirais qu'il s'agit d'un homme attachant et tout simple, ce qui ne signifie pas dénué de complexité,  et j'aime beaucoup les  valeurs sous- jacentes qui me semble-t-il charpentent cet homme.Bref ce n'est pas un cynique et il écrit trés bien!! Gageons que ce Prix est sans doute le premier d'une longue série. Bravo Monsieur Salaün!


mardi 24 mai 2011

Entre ciel et terre de Jon Kalman Stefansson Prix du Télégramme

Titre: Entre ciel et terre
Auteur: Jon Kalman Stefansson
Edition: Gallimard,237 pages, parution février 2010
Interview de l'auteur ici
Thème: Nous sommes en Islande dans des baraques blottis au fond d'un fiord. Elles abritent une colonie de rudes pêcheurs de morues en ce 19ème siècle.Deux d'entre eux sont amis, Bardur lecteur des Paradis perdus de Milton et le "gamin".Ce qui les rapprochent c'est cette soif de connaissances, cette envie déraisonnable , de s'intéresser à la beauté des mots plutôt qu'aux moyens de se maintenir en vie .Cette vie est axée autour de la pêche à la morue, inchangée depuis des millénaires"morue qui se fiche des mots,même des adjectifs comme sublime"tout dépend d'elle et à chaque fois qu'ils sortent en mer, ils ne sont jamais assurés d'en revenir tant il est hasardeux d'affronter cette terrible mer et ses vents violents et glacés dans une barque à rame. Dieu les accompagnent et les protègent contre la peur de tomber dans l'eau noire du cercle polaire.Ils ne savent pas nager et leur attention est tendue entre l'espoir d'une bonne pêche et la nécessité de sauver sa peau, face aux éléments qui ne pardonnent rien:le ciel,le vent, la neige,l'eau,le froid. Pétrur est patron pêcheur,il a souri deux fois dans sa vie:la première à 8 ans , la deuxième lorsqu'il vit  Andrea, sa femme cantinière de la maisonnée. Il y a la Arni, Einar , Gvendur qui travaillent pour lui...C'est encore la nuit,il faut prendre la mer pour gagner sa pitance, pour acheter cette paire de botte qui protège du froid durant ces marches interminables, pour qu'elle me regarde de nouveau...suivons les sur la barque à rame...

Avis:Un curieux roman construit autour de quatre mouvements et d'un événement central. Pour ceux qui n'ont pas lu le livre, je n'en dit pas plus et leur conseille de ne pas lire le quatrième de couverture qui en dit trop à mon avis comme souvent.
J'ai beaucoup aimé la première partie et l'évocation tourmentée de la vie des pêcheurs, on sent véritablement le froid et la houle on voit le ciel gris se couvrir de nuages couleur de plomb, on sent la présence inquiétante des abysses. J'ai pensé à Melville et à Zola parfois, qui d'ailleurs est cité dans le livre. Puis cette façon de parler de l'humain qui toujours malgré tout rêve d'absolu. Pour certains c'est Dieu, pour d'autres c'est l'amour rêvé ou à conquérir ou reconquérir puis pour d'autres les mots.Pour moi il a été difficile de suivre la suite du livre, celle où le gamin retourne voir l'aveugle pour lui rendre le livre.Elle m'a parue en décalage par rapport à la première partie . Ainsi même si je reconnais la beauté de cette écriture qui vous entraîne parfois dans un tourbillon poétique , je dirais que mon attention s'est progressivement étiolée. Il y a une mystique poétique un peu" raide" qui me laisse à la porte.Une sorte d'intransigeance qui m'effraie un peu et que j'aurais peut-être appréciée si j'avais été plus jeune?J'avoue rechercher les raisons de mon désintérêt car ce roman avait tout pour me plaire.Autour de moi d'ailleurs il a été unanimement apprécié et malgré mes réserves j'en conseille la lecture.D'ailleurs l'histoire prône aussi l'éloge de la différence , voici donc un argument  pour en faire la découverte.

dimanche 8 mai 2011

Rencontre avec l'écrivain Lionel Salaün




Le livre

Présentation éditeur
Jim Lamar ? « Quand je dis que c'est pas lui, je veux dire que c'est plus lui. » Voici le commentaire qui accueille après treize ans d'absence le revenant, le rescapé de la guerre du Vietnam. Un pays dont on se soucie peu ici à Stanford : l'interminable Mekong est si loin du boueux Mississippi... Et le retour tardif de Jim - Saigon a été abandonné depuis de longues années par les troupes américaines - n'est plus souhaité par personne. Son intention de se réapproprier la ferme familiale, objet de toutes les convoitises, et ses manières d'ermite dérangent tout le monde. Tout le monde, à l'exception du jeune Billy qui, en regardant et en écoutant Jim le temps d'un été, va en apprendre bien plus sur les hommes que durant les treize années de sa courte existence.
Dans la sélection du Prix du Télégramme et du Prix Cezam

L'auteur 


Lionel Salaün est né en 1959 à Chambéry, où il vit. Pour consacrer l'essentiel de son temps à l'écriture, il enchaîne les petits boulots - magasinier, fabricant d'aquariums, pêcheur de sardines à Sète, ou encore photographe. Passionné de géographie, amateur de blues et de cinéma américain, il a choisi de camper son premier roman sur les rives du Mississippi ■


La rencontre

La librairie Dialogues de Morlaix recevait  jeudi  dernier Lionel Salaün pour son livre Le retour de Jim Lamar actuellement en lice dans deux prix littéraires: le Prix Cezam et le Prix du Télégramme.
Un premier  abord  sympathique puisque l'auteur s'approche souriant, vêtu sobrement d' un t- shirt noir, il fait chaud en cette fin d'après-midi dans la librairie morlaisienne  où une quinzaine de personnes sont  rassemblées pour  assister à la rencontre.
En le voyant je ne suis pas surprise, je me dis même que Billy ça pourrait-être lui en quelque sorte.On sent l'homme fraternel, simple qui ne s'encombre pas d'inutile. Il écrit nous dira-t-il parce qu'il ne peut pas faire autre chose ni autrement.Et il écrit depuis longtemps même si ce roman est le premier publié. On imagine les doutes qu'il a du affronter au cours des années passées à envoyer ses livres aux éditeurs. Tous les principaux éditeurs, dit-il.
Heureusement qu'il n'a pas abandonné pour notre plus grand plaisir de lecteur. Et plus encore il a l'air serein , même  lorsqu'il raconte cette anecdote.Un jour il fit lire un de ses romans précédents dont il était  assez fier a un de ses proches qui lui  adressa ce commentaire en matière d'encouragement :c'est pas mal, mais c'est pas du Duras!
Alors que Monsieur Salaün sache que même s'il travaille à droit à gauche,actuellement comme aide géomètre si j'ai bien compris, nous ses lecteurs pensons que  l'écriture ,c'est son domaine et sa vrai identité. Même s'il ne peut pas encore vivre de sa plume. Le livre à été publié d'abord à 5000 exemplaires ce qui est plus que correct puisque la plupart des premiers romans tournent autour de 1000 exemplaires. Une nouvelle réédition de 1000 exemplaires fut lancée cet hiver et peut-être bientôt une nouvelle encore.
Si son nom sonne breton c'est à Chambery qu'il vit, dommage pour les amateurs de folklore local!
Géraldine Delauney ouvrait la séance en questionnant sur le choix des  État Unis pendant la guerre du Vietnam pour planter le décor de son roman. L'auteur expliquait que s'il n'avait jamais été en Amérique  ce pays était devenu une passion au travers de l'intérêt qu'il porta d'abord à la musique blues.En s'immergeant" totalement dans ce genre musical, il enrichit ses connaissances sur le pays.Au-delà de ses habituels clichés,il découvrait  en particulier l'Amérique rurale   bien différentes des représentations que s'en font souvent les européens,
C'est donc tout naturellement que cette toile de fond s'est imposée à lui  apparaissant cohérente pour situer son histoire.Quand à la guerre du Vietnam il s'agissait d'un des conflit ayant marqué les consciences de  toute une génération au delà des frontières nationales. Ainsi cela permettait d'ancrer son histoire dans une période  aux dimensions internationales.
Pourtant la description du front et de ses atrocités n'est pas centrale , même si  la guerre détermine toute l'histoire.C'est  plutôt aux destins de  personnages tels que Billy 13 ans fils d'une famille pauvre et Jim géant bourru, vétéran du Vietnam qu'il préfére  s'attacher.Le dialogue  entre les deux personnages va être source de transfiguration ,de rédemption. comme le fait remarquer une lectrice présente.
Billy va  émerger vers un autre destin que celui auquel il était naturellement promis de part ses origines. L'auteur souligne ainsi l'importance des rencontres et des expériences qui peuvent changer une vie! On sent  bien-sûr à quel point cette trame  initiatique est chère à l'auteur qui nous confie  qu'au fil  des rencontres avec ses lecteurs,  certains aspects de son écriture lui apparaissent avec plus d'acuité.Ainsi il réalisé sa proximité  avec Billy lui même proche de Jim. Attiré au même âge  que Billy vers ce qui était différent,  extérieur à ce qu'il n' avait pas l'habitude de connaître dans son environnement .

Une nouvelle question sur les descriptions des paysages  permettait ensuite de mettre l'accent sur un des  aspects essentiels du livre, la description très convaincante   de la campagne aux environs de Standford et des rives du Mississipi d'autant plus que l'auteur n'a jamais mis les pieds en Amérique. Lionel Salaun de raconter cette anecdote sur cette lectrice qui elle connaissait les États Unis et le félicitait pour le réalisme du  paysage  avec juste une petite réserve:il parait qu'il n'y a pas de brume sur le Mississipi!!!
Un lecteur faisait ensuite justement remarquer  le  rythme de l'écriture.L'auteur précisait d'ailleurs qu'il écoutait  beaucoup de musiques en écrivant. Du Blues bien sur et du jazz actuellement.
Enfin concernant  sa technique d'écriture Lionel Salaün nous expliquait qu'il avait essayé de suivre un plan, mais que  cela ne  l'intéressait  pas d'écrire ainsi car une fois  ainsi balisée  il n'arrivait plus à rien. Il lui faut donc partir à l'aventure et attendre que l'histoire s'impose petit à petit. en écrivant  au fil de la plume.

En réponse à ma  question sur son prochain livre,Lionel Salaün expliquait qu'il s'était attelé à deux début s de  romans dont un qui se déroule en France.Au fur et à mesure l'un d'eux eux devant s'imposer sur l'autre . 
Au cours de la séance de dédicace je  faisait remarquer à l'auteur que j'aimais tout particulièrement le passage ou Jim réalise qu'il n'est pas à sa place chez Elena.Il semble qu'il s'agisse également du passage préféré de son éditrice. Je ne résiste donc pas au plaisir de vous citer ce court extrait en matière de conclusion et pour vous donner envie de lire ce très beau roman sur la fraternité et l'amitié.

Extrait " Cette peau, Chet l'avait laissé en partant pour le Vietnam.Depuis, elle gisait,comme suspendue à la patère de l'entrée, désespérément inutile. Personne n'osait y toucher, accablé à l'idée qu'elle ne servirait  jamais plus, et dans le même temps cruellement conscient qu'il faudrait bien un jour,plus tard la ranger,soigneusement pliée dans du papier de soie, à l'abri de la lumière et de la poussière,dans le placard de la mémoire.."






Les lien vers les  acticles de presse sur Le retour de Jim Lamar :
Le magazine littéraire ici
Télégramme ici
Télérama ici


mardi 29 mars 2011

Le cul des anges

Titre: Le cul des anges
Auteur: Benjamin Legrand

Thème:
Ce thriller se déroule à Nice .C’est l’histoire d’une flopée de personnages qui au départ n’avaient que peu de chance (mais en est-ce une pour certains ?) de se rencontrer à savoir : un tueur à gage à moitié russe, une voleuse, une ancienne physionomiste reconvertie comme chanteuse rock, un ou deux papys et de gros vilains qui gagnent plein d’argent sur le Net en diffusant des choses vraiment pas bien et même franchement horribles ( rassurez- vous, l’auteur ne s’étale pas complaisamment sur les descriptions, mais bon !) …. Évidemment tous ces destins et bien d’autres encore vont s’entrecroiser et… je ne vous en dit pas plus car tout repose sur le suspens qui vous accroche dés les première lignes et ne vous lâche pas.



Avis:Une réussite totale, on dévore avidement et en outre l’histoire est pleine d’humour et même parfois de poésie malgré qu’elle aborde un thème délicat : la pédophilie sans jamais le faire de manière malsaine. Je ne suis pas une grande adepte du genre policier mais avec ce roman je trouve que l’auteur réussit une œuvre originale en créant un ton différent de ce que j’avais lu auparavant.

lundi 28 mars 2011

Le sang et la mer

Titre: Le sang et la mer

Auteur: Gary Victor


Thème: Le roman se déroule en Haïti de nos jours et raconte l'histoire tragique de deux orphelins au prise avec une société impitoyable pour les pauvres.Il s'agit Hérodiane, 17 ans et de son frère Estevèl habitants dans un infâme bidonville de Port-au-Prince ironiquement surnommé Paradi. Tout commence par un rêve de vague surgit du sommeil agité Hérodiane allongée dans l'attente d'un secours qu'est parti quérir son frère . Le roman fait alterner le récit rétrospectif et celui de  l'attente fébrile d'Hérodiane qui saigne sur sa couche.


Avis: J'ai bien aimé ce roman.En effet, le ton est sans complaisance.L'auteur ne transige pas avec le politiquement correct, il dépeint  les facettes les moins reluisantes de son pays: corruption omniprésente qui gangrène toute la société, violence vis à vis des plus faibles, avilissement  des femmes  considérées comme des proies,mépris pour l'identité d'un peuple  se traduisant par un mélange de fascination et de répulsion pour la peau noire,racisme brutal de la bourgeoisie meurtrière où l'amour entre une noire et un métisse est considéré comme contre-nature. Le roman est parfois cru mais il fallait cela pour évoquer les tourments traversés par les personnages.

J'ai aimé le couple formé par le frère et la sœur, ainsi que la manière dont Gary Victor traduit les tumultes que suscitent désirs et  passions. Quand à l'usage du fantastique à la fin du roman, je suis restée perplexe! Il est dommage qu'on nous impose une seule interprétation alors que le mystère imprègne le reste du roman?
Qu'importe, je conseille cette lecture qui m'a permis de découvrir un auteur de grande qualité chez qui ont sens un amour profond pour sa terre meurtrie au travers de sa vision exigeante.  

Editeur: Vents d'ailleurs,2010
181 pages,17 €



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