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jeudi 5 septembre 2013

La petite borde d'Emmanuelle Guattari

COUP DE COEUR BIBLIRE

Présentation éditeur:
« Fondé en 1953, l'établissement de La Borde, est célèbre dans le monde de la psychiatrie. Cette clinique hors normes entendait rompre avec l’enfermement traditionnel qu’on destinait aux malades mentaux et les faire participer à l’organisation matérielle de la vie collective. Ce lieu doit beaucoup à Félix Guattari, psychanalyste et philosophe qui codirigea la clinique jusqu’en 1992. »
La fille du psychanalyste et philosophe Félix Guattari raconte son enfance à La Borde.  En une série de petits tableaux, l'auteur livre ses souvenirs d' enfant. Il s'agit là une vie toute simple, presque ordinaire et  en tout les cas paisible et heureuse, suspendue hors du temps. La meilleur façon de vous faire partager ce bonheur de lecture est de vous proposer ce petit extrait.  


"On était ceux de la Borde.
Dans le village de Cour-Cheverny du début des années soixante, la Clinique constituait encore une présence fantastique. La peur des fous était tangible. Elle nous a sensiblement mis dans le même sac, une bande de drôles de loustics qui laissaient des Fous circuler dans un parc sans barrières et vivaient avec eux. C'est lorsque j'ai été scolarisée en maternelle que j'ai aperçu la situation.
Dans l'univers foisonnant et complet du phalanstère labordien où nous étions nés, je n'avais jamais pris la mesure des choses.
Nous savions que les pensionnaires étaient des Fous,évidemment; mais la Borde, avant tout, c'était chez nous.
Les Pensionnaires, on disait aussi les Malades, n'étaient ni en plus ni en moins dans notre sentiment. Ils étaient là et nous aussi.
Nous avions pour certains de l'affection et certains d'entre eux nous aimaient beaucoup aussi. Avant toute chose, pour les enfants que nous étions, ils étaient des adultes. En temps que tels, ils étaient dépositaires d'une autorité et plus forts que nous, la première distinction se faisait là.
On nous disait souvent de ne pas les déranger, de ne pas crier.
Pour le reste, il me semble que, comme les autres enfants de La Borde, j'ai assez naturellement fait le tri dans les contacts de tous les jours,entre ce qui était de la folie et ce qui relevait de la relation humaine la plus fondamentale, que protégeait farouchement le projet de La Borde,sans que l'un n'empêche l'autre. L'art de la conversation, le souci de l'autre, la gentillesse ou l'impatience, le salut, la prise de nouvelles, l'intérêt sincère, les sourires, les insultes, les absences et les distractions, les visagéités inquiétantes ou ravagées, les comportements angoissées, l'atonie ou même la catatonie, les corps étrangers ou très dignes, les mains martyrisées, les tenues, les odeurs, tout était à la fois signal d'un contact possible ou pas, comme dans la vie en communauté; et selon les moments, auprès d'un tel ou d'une telle nous déviions souplement nos trajectoires ou les arrêtions puis repartions dans nos cavalcades d'enfants. "

Ce premier récit autobiographique m'a vraiment charmé et j'attends avec impatience  le deuxième volet qui doit paraitre le 22 août prochain. Il est des  écrivains qui donnent le sentiment après les avoir lu que l'on respire mieux. Emmanuelle Gattari est de ceux-là.

A découvrir!

samedi 28 avril 2012

Jeu: la première et la dernière, solution



La première phrase:

« Fils unique, j'ai longtemps eu un frère. »

La dernière phrase:
« Ce livre serait sa tombe. »
Ce roman fait partie de ma bibliothèque idéale.
Ces deux phrases sont tirées du roman Un secret de Philippe Grimbert, paru en 1997 chez Grasset. Adapté au cinéma par Claude Miller. Ce livre fut le lauréat du Prix Goncourt des lycéens en 2004 ainsi que Prix des Lectrices de Elle en 2005. Philippe Grimbert et écrivain et psychanalyste.Ce roman s'inspire de sa propre histoire.

L'histoire en deux mots:
Les enfants s'inventent souvent une famille... Le narrateur, lui, s'est inventé un frère. Un frère aîné, beau, fort, qu'il évoque devant les copains de vacances, ceux qui ne pourront vérifier. Puis, un jour, il découvre le « secret » familial. Il lui faut alors reconstituer toute une histoire, complexe, tragique, qui le ramène aux temps de l'Holocauste, et aux millions de disparus sur qui s'est abattu le silence.




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